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Pourquoi les femmes fortes s'effondrent en silence

La vraie force inclut ta vulnérabilité. La vraie force n'est pas ce qu'on raconte de toi.

Pourquoi les femmes fortes s'effondrent en silence


Je ne sais pas comment tu fais .
Tu gères tellement ! C’est impressionnant !

Tu les connais ces compliments ? Je suis sûre que tu les connais.
Bien sûr, parce que tu es justement  "tellement forte".
Sache que je te vois et je sais ce qui se cache derrière.
Un jour, j’en ai eu vraiment assez d’être forte

Depuis des années, tu as peut-être porté toi aussi cette injonction comme une médaille. Tu t'y es accrochée. Tu en as façonné ton identité, ta ressource principale, ton armure. Tu gères le travail, la famille, la vie sociale, le couple, les rêves des autres, les besoins de chacun en même temps que tes  ambitions qui se calent comme elles peuvent dans ton planning.
Tu sens que ton corps ralentit, qu’il résiste. Tu sais que ton regard se vide par moments.

Tu oublies souvent ce qui compte vraiment pour toi, tu es forte et les femmes fortes tiennent et si possible, elles sourient aussi, sont « inspirantes » et ne se plaignent pas. 
Tu tiens. Tu gères. Tu assures.

Jusqu’au jour du ras le bol.
Jusqu’au jour ou, soit tout lâche, soit on regarde sa vie et on se dit simplement « mais…. Je n’ai pas signé pour ça ? Ce n’est pas du tout ce dont j’ai envie!»

On réalise qu’on a confondu la force avec la capacité à survivre à tout.

Je crois que la vraie puissance d’une femme commence quand elle ose arrêter de se battre contre elle-même. 


Ce que personne ne dit sur la force

La force, telle que tu l’as intégrée, ressemble trop souvent à encaisser sans broncher, se relever de tout, cacher ce que ça coûte. Et avancer. 

C'est une définition épuisante. Et surtout, c'est une définition erronée.

Ce qu'on appelle "être forte" cache souvent d’autres réalités : une hypervigilance permanente, une incapacité à déposer le poids, une peur profonde de ce qui arriverait si tu lâchais et une fausse image de soi. De la survie en réalité et l’envie irrépressible de « rester positive coûte que coûte». 

Les femmes qu’on dit les plus fortes sont souvent les plus lumineuses et celles qui s'effondrent le plus silencieusement. Parce qu'elles ont appris à le faire sans déranger. Sans que ça se voie. Dans la voiture après le travail. Le matin sous la douche. Le soir quand tout le monde dort.

En silence, donc. Toujours en silence. 


Le malentendu sur la résilience

Un jour, j’ai réalisé que j’avais mal interprété le mot résilience. J’ai été fière de ma résilience, comme de ma force, c’était réellement mon identité. Donc ma prison.  

La résilience m’a fait croire que je devais me relever de tout comme si rien ne m'avait atteinte pour montrer ma puissance, comprendre pour analyser et prendre ma part pour montrer la remise en question. Je savais revenir encore plus solide en apparence, avec des plaies qui saignaient encore à l'intérieur et sans avoir pris de vrai temps pour nommer, supprimer, avant de transformer. 

La résilience, c'est avant tout prendre conscience. Transformer véritablement ce qui doit l'être, trancher, écarter ce qui blesse, même si ça coûte. Oser être vraie. Revenir à soi en ayant appris, en choisissant de regarder ce qu’il s'est passé, vraiment, et ce qui ne doit plus jamais arriver. Après seulement vient le temps de sublimer la vie en ancrant de véritables nouvelles ressources personnelles.

La vraie force, c'est refuser de rester là où ça atteint ton authenticité et ton intégrité.

Cette différence  change la compréhension parce que la première version t’immobilise, tu tiens, tu encaisses, tu continues.
La deuxième te met en mouvement, tu regardes en face, tu nommes, tu transformes.

Une femme qui traverse une crise et qui en sort changée, c'est parce qu'elle a traversé le feu et le chaos en pleine conscience et et a choisi de s'en souvenir pour grandir.


Ce que j'observe depuis vingt ans

Dans mon travail d'accompagnement, je te reconnais immédiatement.
Tu arrives souvent souriante. Tu parles vite. Tu as déjà une liste de ce que tu veux "travailler". Tu es lucide, tu comprends tes problèmes, même ça, tu maitrises. 
Puis doucement, dans la première heure, quelque chose se fissure, parce que je sais qui tu es et que tu comprends que je suis ton alliée. 

Tu es enfin dans un espace où tu peux déposer et sentir que ton corps, lui, se souvient de tout ce que tu as traversé avec courage.

Ce que je vois derrière ta force ? Une femme qui a tellement porté que tes propres besoins sont devenus illisibles pour toi. Tu as perdu le fil de ce que tu veux, de ce que tu aimes vraiment, à force de vouloir répondre à l’image que les autres attendent de toi, une image figée qui permet à chacun de ne pas bousculer les habitudes et certitudes du système.

C'est le résultat logique d'une identité construite sur le service aux autres et ce constat bouleverse de nombreuses femmes en pleine transformation. 


Ce qui change quand on arrête de porter seule

Déposer l'armure fait peur. Si tu lâches, qui va tenir ? Si tu montres que tu es épuisée, est-ce qu'on va encore t'aimer, te respecter, te faire confiance ?

Ces questions sont importantes car elles bloquent  ta transformation. Elles méritent d'être posées, traversées, guidées, accompagnées.

Après des années à accompagner des femmes en renaissance je sais reconnaitre le moment où quelque chose change vraiment. C'est quand tu décides d'être plus vraie, même si ça t’oblige à poser un genou à terre, pour reprendre ton souffle, écouter ton corps, retrouver ton axe.

Être vraie signifie nommer ce qui épuise, faire face à l’effondrement avant de le transformer en leçon, parfois poser des actes symboliques pour ancrer ses décisions et accepter que traverser quelque chose demande du temps avant de le surmonter. Un cadeau à se faire, c’est cesser de gaspiller son énergie à cacher ses fissures et se montrer vraie, d’abord avec soi.

Cela nécessite parfois de chercher un espace où tu peux exister sans avoir à performer ta propre solidité et t’autoriser à lâcher et accueillir ta vulnérabilité pour découvrir que tu es invincible quand tu es profondément toi. 


Une dernière chose

Si tu te reconnais dans ces lignes, dans cette fatigue-là, celle qui résiste au sommeil et qui freine ta créativité, celle qui nourrit une frustration, celle qui fait gronder en toi les projets inachevés, j’aimerais que tu saches que ta puissance est mal définie, portée trop longtemps, sans repos.

La transformation que tu cherches commence par regarder honnêtement ce qui doit impérativement reprendre de la place dans ta vie au profit de ce qui te vole de l’énergie. Il est temps de décider librement de scénariser ta vie en te donnant le rôle principal.

C'est ça, l'audace.


Deborah Etienne

J'accompagne les femmes quand la nouvelle version d'elle-même est prête à émerger et à rayonner. Ta vie a basculé. Parfait. C'est là que tout (re)commence. Tu t'en es sortie, maintenant on construit. Ce que tu as traversé devient ta force.

Coach depuis 20 ans. Actrice et voix depuis 30 ans, également célébrante depuis peu. Je suis également pratiquante d'arts martiaux.
Je n'ai pas choisi entre mes passions, j'ai tout mis au même endroit au service de la transformations des femmes dont le potentiel est sur le point de se réveiller avec éclat. 

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